Histoire d’un chantier : construction du nouveau lycée Théodore Monod (2016-2017)

Ô saisons Ô Châteaux !

 

Projet TL 2017Cliquez sur l'image pour visualiser le film

 

Le passage des saisons marque le temps visible du monde et les châteaux sont la victoire du temps des hommes dans le temps. Le monde est un chantier. Rien ne tient. Sans cesse l’homme doit consolider, détruire et reconstruire, recommencer. Le chantier n’est rien d’autre que la métaphore du temps des hommes au travail et du travail du temps. L’homme est ce lien entre ce qui devient sans cesse, ce qui peut être et durer quelque temps. Il faut faire dans ce qui devient : l’œuvre finie, production d’un chantier, devient à son tour un autre chantier : conserver, entretenir, améliorer, recommencer toujours dans la lumière et la nuit du temps. Silence : que reste-il de ce qui passe sans cesse ?

Le désir des hommes et de la matière travaillée, portés par le Devenir, accomplit l’histoire du Vivant Humain. Formes, figures, plans, lignes finies et infinies, vides et pleins : l’Espace du Temps et le Temps de l’Espace sont, à présent, un nouveau monde de vie dans la Vie. Le nouveau lycée est là : habitable.
Où est l’esprit ? Où est la matière ? Où est la musique du violon ? Dans le bois ? Dans la main du violoniste ? Dans la partition du créateur ? Dans notre oreille ? Où es-tu ? Tu trembles carcasse ?

Le chantier de l’Ecole fut la réalité matérielle et visible de la métaphore évidente du temps des hommes. Pourrions-nous penser sans matière, sans sensations, sans images et sans ce Devenir de la vie qui porte toutes les choses visibles ?

Les élèves ont pensé « en philosophe » le temps du monde tel qu’il se montrait à leurs yeux. Il a donc fallu monter et produire une matière visuelle pour donner à penser le temps, la matière, mais aussi le temps de l’existence, cette année amicale et joyeuse d’apprentissage de la pensée.
Ce projet matérialise par l’image et la musique, une réflexion sur les notions du programme de philosophie : la matière, l’esprit, le temps et l’existence.

Merci aux élèves : pour leur gentillesse et leur engagement !

Bons vents !

Florent Bouzouane, professeur de philosophie.